Pour les mordus d’automobiles, il existe deux façons de se faire plaisir : investir dans un ordinateur et un volant à retour de force, ou bien casser son porte-monnaie pour une voiture « qui va bien » pour user sa gomme sur les circuits. L’application iPhone testée aujourd’hui répond à cette seconde catégorie : Harry’s LapTimer va vous permettre de vous chronométrer sur circuit, et vous fournir un compte-rendu complet de vos exploits. Voici donc un test en conditions réelles de cette application, réalisé sur le fameux circuit du Mans, le Bugatti.
Le GPS de l’iPhone : la force et la faiblesse du systèmeLe principe de fonctionnement de l’application est assez simple : par une comparaison rapprochée de votre positionnement GPS, il est possible de savoir la vitesse à laquelle vous évoluez, et repérer le franchissement d’une position sur une carte, par exemple la ligne de départ/arrivée sur circuit. Evidemment, la mesure de ce franchissement ne peut être extrêmement précise, les positions GPS étant actualisées au mieux 4 ou 5 fois par seconde, et pas plus d’une à deux fois sur iPhone… Il faudra donc quelques algorithmes bien pensés pour interpoler le moment de passage de ligne en fonction de votre vitesse estimée par rapport à votre position juste avant le franchissement et juste après. Au final, la précision obtenue reste correcte, et reste dans le même dixième qu’un chronomètre traditionnel. Donc à moins de s’appeler Sébastien Bourdais et traquer le centième de seconde, cela sera suffisant pour l’amateur. Si la précision vous semble insuffisante, il reste encore la possibilité d’investir dans un Alfano, qui sera évidemment plus précis mais plus onéreux.
Le fonctionnement de base repose donc sur le GPS de l’iPhone, et c’est là que se trouve la première faiblesse. L’iPhone n’a pas bonne réputation en ce qui concerne le GPS : pas assez précis, pas assez rapide, pas d’accès aux données brutes, mais uniquement aux positions renvoyées par l’API d’Apple qui utilise un algorithme d’extrapolation. Cet algorithme retourne la position à laquelle l’iPhone s’attend que vous soyez par rapport à votre trajectoire et votre vitesse… Si cela ne pose pas de problème particulier pour être guidé en ville, c’est beaucoup plus problématique dans un usage plus évolué. Cet algorithme semble avoir été mis en place sur les iPhone 3G et 3GS pour compenser le manque de précision du positionnement (30 mètres). Sur iPhone 4, le problème semble avoir disparu : pas d’extrapolation et une précision de 5 mètres, c’est raisonnable. Par contre, la fréquence de rafraîchissement est très limite, mesurée au mieux à 1Hz (une position par seconde) et à 0,6Hz au pire ! Selon l’auteur de LapTimer, une fréquence de 0,8 Hz est vraiment le minimum acceptable pour pouvoir obtenir une mesure qui tienne la route, excusez du jeu de mot.
Il est donc conseillé pour un iPhone 4 de positionner le téléphone dans une zone de bonne réception dans l’habitacle, et pour les générations précédentes de prendre un GPS externe comme celui intégré dans le support voiture de TomTom. Il est possible cependant d’utiliser un autre GPS externe, mais à condition de jailbreaker.